Vous êtes ici : Accueil » Accéder » Les productions » Sélections bibliographiques » Cinéma » Bandes de jeunes

Bandes de jeunes

Il était une fois les adolescents dans les films


L'adolescence ou la modernité du cinéma français

Ado ou adolescent(e), ils sont jeunes et figurent au cœur des préoccupations du cinéma contemporain. Il y a eu un précurseur en France : Jean Vigo. Il réalise son iconoclaste zéro de conduite en 1933. Ce film de 44 minutes, ne sera visible qu'à partir de 1945 (censure oblige), tant il est novateur, sincère et direct sur l'éducation dans un internat. Le réalisateur de L'Atalante y montre la révolte des jeunes internes à travers des métaphores souvent sexuelles contre une autorité qui brise les individus et leur liberté d'expression au moment critique de l'adolescence. C'est à travers un jeu subtil que Vigo fait exploser un système éducatif très réactionnaire en libérant les pulsions de la jeunesse.

Les quatre cents coups de François TruffautPlus tard François Truffaut inaugure sa série des Doinel avec son célèbre Les quatre cents coups qui narre les aventures du jeune Antoine Doinel (Jean-Pierre Léaud), mal aimé de ses parents (surtout de sa mère), que les études n'intéressent pas et qui fait l'école buissonnière avec son copain René. Les bases du cinéma de Truffaut sont posées : le thème de l'éducation et de l'enfance, la finesse de l'écriture et de la psychologie des personnages et la part autobiographique de l'œuvre à travers la fidélité du couple acteur-réalisateur Léaud-Truffaut.

Maurice Pialat (Passe ton bac, 1979, À nos amours, 1983) peut-être en réaction aux Quatre cents coups réalisera, en 1968 un premier film très direct et dépouillé d'artifice : L'enfance nue. La méthode Pialat tente de convoquer l'imprévu lors de multiples prises dans lesquelles le cinéaste guète l'éclat de vérité accidentel.

La fille prodigue de Jacques DoillonJacques Doillon (Les doigts dans la tête, 1974, La fille prodigue, 1981, La fille de 15 ans, 1989, Le petit criminel, 1990...) s'intéresse à l'instabilité des sentiments et la violence souvent salutaire qu'elle provoque. Les plans sont longs pour cadrer les visages et les étreintes maladroites. Doillon veut peut-être surprendre l'inquiétude d'une adolescence partagée entre l'enfance qu'elle vient de quitter et la gravité des choix à affronter. Les conflits de générations chez Doillon sont souvent teintés de désir incestueux ou de rivalité amoureuse, une sorte d'attraction-répulsion comme dans les états de crise liés aux changements psychologiques.

Récemment La Belle personne de Christophe Honoré sorti en 2008, a réussit à dire quelque chose des premières déceptions amoureuses en adaptant La Princesse de Clèves de nos jours dans un lycée parisien. La gravité et la grâce de la passion amoureuse des adolescents sont filmées avec élégance. Les ruptures et les bouleversements affectifs sont très touchants car les comédiens sont justes et le scénario (difficile d'adapter le livre d'origine) à la fois audacieux et solide.

Le teen movie américain : une mythologie des ado pour faire genre

Le cinéma américain a créé un genre à part entière qui se consacre à l'univers des adolescents, c'est le Teen-movie. La liste est longue. Celui qui inaugure le genre est sans doute American Graffiti de George Lucas en 1973, mais qui se déroule pendant les années soixante, l'âge d'or de la propre jeunesse du réalisateur. Le teen-movie investi d'autre genre tel que le fantastique et l'horreur : Carrie (1976) et plus tard Scream et ses avatars, la comédie voir la parodie comme Américan College ou Les lois de l'attraction. Elephant de Gus Van Sant se pose en modèle ultime, épure mythologique, paroxysme du genre.

L'image de l'adolescent dans les films américains : jeune et rebelle pour l'éternité

La fureur de vivre de Nicholas RayEn 1955, avec deux films interprétés par James Dean l'adolescence fait son entrée en cinéma. À l'est d'Éden d'Elia Kazan et La fureur de vivre (Rebel without a cause) de Nicholas Ray. James Dean éternel adolescent est entré dans la légende grâce à trois films (le troisième est Géant de Georges Stevens). Disparu tragiquement dans un accident de voiture, il est l'éternelle figure d'adolescent torturé mais énergique et en bonne santé. À partir de lui de nombreux acteurs vont commencer leur carrière en incarnant des adolescents plus ou moins rebelles : de Dennis Hopper à Matt Dilon, en passant par John Travolta.

L'adolescent du cinéma américain des années 80, c'est Matt Dilon pour deux films qui forment un diptyque culte : Outsiders (1982) et Rusty James (1983) de Francis Ford Copolla. Cette fois le personnage est un meneur, un chef de bande. Il est beaucoup moins torturé, plus bagarreur. Là où James Dean, solitaire se battait contre son père ou bien cherchait à attirer son attention pour le changer, Mat Dillon défend un territoire celui des copains de sa bande, une zone bien éloignée de celle des adultes. Le jeune Rusty James vit avec le modèle idéal de son grand frère, Mickey Rourke qui incarne le mythique Motorcycle Boy. On peut qualifier Rourke de vétéran de l'adolescence qui a fait un grand voyage et revient au pays revoir son frère et son père. La relation entre petit et grand frère sera abordée par James Gray dans son très beau Little Odessa qui montre au sein d'une famille américaine d'origine russe la fascination d'un jeune (Edward Furlong) pour son grand frère Joshua (Tim Roth) qui est pourtant un tueur impitoyable.

Blessures secrètes de Michael Caton-JonesEnfin nous ne pouvons pas refermer ce petit article sans citer Blessures secrètes de Michael Caton-Jones, dans lequel Leonardo Dicaprio affronte ses démons d'adolescent en la personne de son beau père fouettard incarné par un Robert De Niro très inquiétant en beauf de l'Amérique profonde férue d'arme et de scoutisme. Le petit Leonardo a été d'ailleurs à son tour l'adolescent de service dans quelques films : Gilbert Grape, Basketball Diaries, Romeo + Juliet...

Le cinéma contemporain s'est plus que penché sur la question de l'adolescence. Gus Van Sant (Will Hunting et Elephant) Larry Clark (Ken Park) et Armony Korine (Gummo) sont incontestablement les plus passionnants réalisateurs en la matière jusqu'à constituer une sorte de famille de réalisateur spécialiste de l'adolescence, de ses activités, ses désirs, ses états d'âme et sa mythologie.

Filmographie sélective

(Le support DVD ou VHS signale au moins un exemplaire dans les collections du réseau des médiathèques)

Le cinéma français et l'adolescence :

  • Les Disparus de Saint-Agil (1938) de Christian-Jaque (DVD)
  • Les quatre cents coups (1958) de François Truffaut (DVD et VHS)
  • La gifle (1974) de Claude Pinoteau (VHS)
  • Passe ton Bac d'abord (1979) de Maurice Pialat (DVD)
  • À nos amours (1983) de Maurice Pialat (DVD)
  • La fille de quinze ans (1989) de Jacques Doillon
  • Le petit criminel (1990) de Jacques Doillon (DVD)
  • Le Jeune Werther (1992) de Jacques Doillon
  • Hexagone (1995) de Malik Chibane (VHS)
  • La Haine (1995) de Mathieu Kassovitz. (DVD)
  • Zim & Co (2005) de Pierre Jolivet. (DVD)
  • La Belle personne (2008) de Christophe Honoré

L'adolescence dans les autres cinémas :

  • Le Costume (2003) de Bakhtiar Khudojnazarov (DVD)
  • Battle Royale (2000) de Kinji Fukasaku
  • Nos années sauvages (1990) de Wong Kar-Waï (DVD et VHS)

Sélection de teenmovies américains :

  • Kids (1995) de Larry Clark
  • Ken Park (2002) de Larry Clark
  • Will Hunting (1997) de Gus Van Sant
  • Elephant (2003) de Gus Van Sant (DVD)
  • Gerry (2004) de Gus Van Sant (DVD)
  • Paranoid Park (2007) de Gus Van Sant
  • Gummo (1997) d'Armony Korine
  • Julien donkey-boy (1999) d'Armony Korine
  • Donnie Darko (2001) de Richard Kelly
  • La fièvre dans le sang (Splendor in the grass) (1961) d'Elia Kazan
  • À l'est d'Éden (1955) d'Elia Kazan (DVD)
  • La fureur de vivre (Rebel with out a cause) (1955) de Nicholas Ray (DVD)
  • American graffiti (1973) de Georges Lucas (VHS)
  • Virgin Suicides (1999) de Sofia Coppola (DVD)
  • Spider-Man 1 et 2 (2002-2004) de Sam Raimi (DVD)
  • Teenagers (1981) de Francis Ford Copolla
  • Rusty James (1983) de Francis Ford Copolla (VHS)

Quelques courts métrages de la sélection Des Cinés, la Vie :

  • Nyaman Gouacou (2006) de Laurent Sénéchal - 19 minutes (DVD)
  • Adolescents de Valérie Minetto - 52 minutes (DVD)
  • Les pinces à linge (1997) de Joël Brisse - 23 minutes (DVD)

Le cycle "Bandes de jeunes" Avril-Mai-Juin 2009

La Haine de Mathieu Kassovitz

La haine de Mathieu Kassovitz

Suite à une bavure policière l'émeute éclate entre les jeunes de la cité des Muguets et la police. Trois copains, à la vie à la mort, trouvent l'arme qu'un policier a perdu pendant les émeutes. À partir de là tout bascule pendant une longue, longue nuit...

Le film qui à fait connaître Kassovitz. C'est la référence du cinéma populaire sur le thème de la banlieue. Un trio de grands adolescents qui fonctionne à l'adrénaline dans une cité à cran !

→ en savoir plus
La Haine de Mathieu Kassovitz
1995 - noir et blanc - 95 minutes
Samedi 4 avril 2009 à 15 heures 30
  
Zim and co de Pierre Jolivet
Zim and co de Pierre Jolivet

Après un banal accident de scooter, Zim, 20 ans doit trouver un vrai travail s'il veut éviter la prison. Il se précipite sur les petites annonces, mais pour le seul emploi qu'il trouve, il lui faut, dans les dix jours, une voiture et... le permis ! Et évidemment il n'a ni l'un, ni l'autre.

 

→ en savoir plusZim and co de Pierre Jolivet
2005 - couleur - 86 minutes
Samedi 16 mai 2009 à 15 heures 30
  
Le petit criminel de Jacques Doillon
Le petit criminel de Jacques Doillon
L'histoire simple d'un garçon à l'abandon qui découvre qu'il a une sœur, commet un vol, braque un policier et cherche à se faire aimer.

Une grande partie de l'œuvre de Jacques Doillon est consacrée à l'univers des enfants et des adolescents, et ce dès son deuxième long-métrage, Les Doigts dans la tête. Le petit criminel est un film simple et subtil sur le mal de vivre d'un adolescent qui veut être simplement aimé.

→ en savoir plusLe petit criminel de Jacques Doillon
1990 - couleur - 100 minutes
Samedi 13 juin 2009 à 15 heures 30