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Brahms, le crépuscule du Romantisme

BrahmsLiszt et WagnerPalais de la SécessionMahlerSchönberg

Johannes Brahms

Admirateur de l'œuvre de Beethoven, Brahms (1833-1897) inscrit son travail dans la tradition romantique dont il est souvent considéré comme le dernier grand représentant. Hans Von Bülow, grand chef d'orchestre et premier mari de la fille de Liszt, dira de sa première symphonie : « c'est la dixième symphonie de Beethoven ». À une époque où l'écriture musicale voit les prémices d'un changement radical, Brahms s'affiche donc comme plutôt conservateur d'un certain modèle. Il rencontre le compositeur et pianiste hongrois Franz Liszt, initiateur de ces changements par bien des aspects, mais ne partage avec lui ni tempérament, ni affinités esthétiques.
Proche de Robert Schumann, son mentor, Brahms est auprès du compositeur allemand jusqu'au suicide de celui-ci en 1956. Il reste ensuite très proche de la femme de Robert, Clara Schumann, qu'il aime profondément et qui devient sa conseillère autant que son inspiratrice.

Installé à Vienne dès 1862, il se consacre à la fois à son activité de pianiste de concert et de compositeur. C'est dans cette ville, carrefour de la création musicale pour un demi-siècle au moins qu'il écrit la plupart de ses œuvres symphoniques (les 4 symphonies et son 2e concerto pour piano) pour lesquelles il est largement reconnu de son vivant. Depuis la capitale autrichienne, il prend part à la querelle musicale à l'origine de la naissance de courants majeurs de la musique du 20e siècle. Brahms défend, face aux tenants de la nouvelle école allemande (Neudeutsche Schule) et de la musique à programme dont Liszt et Wagner sont les grandes figures, une musique durable (dauerhafte Musik), indépendante de l'histoire pronant un certain idéal de la pureté.Johannes Brahms

L'œuvre de Brahms comprend un très grand nombre de genres musicaux, du recueil de pièces pour piano seul aux œuvres symphoniques en passant par la musique de chambre et la musique vocale.

 

À emprunter dans nos collections

Brahms, Stéphane Barsacq, éditions Actes Sud/classica, 2008

 
Focus sur une grande œuvre

Ein deutsches Requiem, pour voix solistes, orchestre et choeur

« Je n'ai pas besoin de vous dire qu'intérieurement, je ne ris jamais ». Brahms porte en lui une très grande tristesse et entretient une conception profondément tragique du monde. Dans son Requiem, œuvre monumentale et sans précédent dans l'histoire de la musique allemande, le compositeur traduit à la fois l'expression de la douleur humaine et l'attente d'une forme de clémence divine.
C'est marqué par la dérive psychologique de son ami et maître
Robert Schumann qu'il commence la composition de la pièce en 1854. Schumann, alors interné après une tentative de suicide vit ses dernières années. Si la genèse de l'œuvre ne doit pas uniquement à cet épisode douloureux de la vie du musicien, il est certain qu'il donne le ton à une composition d'une grande richesse spirituelle et d'une réelle émotion.
Il faudra 14 ans à Brahms pour achever l'écriture du Requiem qui sera finalement donné en 1868 à Brême dans sa version orchestrale. Le succès du concert assura célébrité et reconnaissance au compositeur.


À emprunter dans nos collections

Ein deutsches Requiem, op. 45, dirigé par Laurence Equilbey

Ein deutsches Requiem, op. 45, dirigé par Herbert von Karajan

Trio avec clarinette

Concertos pour piano 1, dirigé par Léonard Bernstein

Concertos pour piano 2, dirigé par Léonard Bernstein

Lieder

Lieder

 

Les héritiers de Brahms

Son héritage et son influence seront revendiqués largement au-delà des cercles romantiques par Schönberg et ses proches. Quelques compositeurs du tournant du siècle empruntent les pas tracés par le compositeur allemand. Ainsi Max Bruch (1838-1920) suit la lignée romantique dans un style souvent proche de celui de Mendelssohn. Ou encore Max Reger (1873-1913), chef d'orchestre et organiste tourmenté, dont les œuvres renouvellent les accents classiques et romantiques de Brahms marquant une opposition claire avec la nouvelle école allemande.

Romantisme
 
Max Bruch (1838-1920)
Fortement influencé par Brahms, l'œuvre de Max Bruch se caractérise par une écriture d'une grande sûreté, des mélodies généreuses qui s'inspirent parfois du folklore écossais, gallois ou allemand et par des accents post-romantiques.
Œuvre originale par sa forme et son écriture, la Fantaisie pour violon avec harpe et accompagnement d'orchestre demeure une partition pleine de charme. Son dédicataire, Pablo de Sarasate, la trouva fort à son goût de virtuose imaginatif et exigeant.
Le libre emploi de thèmes populaires justifie le titre choisi pour cette composition qui est en fait une rhapsodie avec violon concertant, en quatre parties, où la harpe intervient pour accompagner l'instrument soliste et donner une certaine couleur locale.

À emprunter dans nos collections

Fantaisie écossaise, dirigé par Zubin Mehta

Fantaisie écossaise, dirigé par Dmitry Yablonsky

Kol Nidrei, dirigé par Antal Dorati

 
Reger (1873-1916)

À emprunter dans nos collections

Variations et fugue sur un thème de Mozart op. 132