artothèque
Estampes à l'achat
Dans le cadre des dix ans de l'artothèque, nous vous proposons deux estampes à l'achat. Nous avons choisi de travailler avec deux artistes représentatifs de la collection de l'artothèque.
Renseignements :
Département Art / Cinéma - 02-51-47-48-34 - art@ville-larochesuryon.fr
Didier Bironneau
Né en Vendée en 1957.
Vit et travaille à Bordeaux.
Didier Bironneau se consacre à la photographie depuis le début des années 80, ayant suivi l'enseignement de photographes tels que Anders Petersen ou Minkinnen. Son travail est dans la lignée de la photo document, style Depardon, Cartier-Bresson ou encore Walker Evans.
Didier Bironneau a été lauréat de la dotation AGFA en 1986 (festival d'Arles Rencontres Internationales de la Photo) grâce à une série de photos noir et blanc réalisée au Togo.
Il photographie les plages de Vendée, plus particulièrement celles des Sables d'Olonne depuis une quinzaine d'années. La vision, austère et poétique, va bien au-delà du témoignage documentaire. La plage reste un lieu de recueillement, de la solitude, des randonnées de l'arpenteur. Elle confond toutes les classes sociales, mélange les corps dans le même abandon. La vision de Didier Bironneau, raffinée, secrète, répond bien étrangement aux panoramiques lithographiques du XIXème siècle.
Claude Viallat
Né en 1936 à Nîmes.
Vit et travaille à Nîmes.
Depuis 1966, Claude Viallat adopte un procédé d'empreinte d'une forme identique indéfinie dont la répétition sur toile libre détermine la composition de l'œuvre.
Il fait partie du mouvement Supports-Surfaces.
Sans jamais remettre en cause le procédé fondateur de l'empreinte, il ne cesse de faire varier les supports. À partir de 1976, il marque son empreinte sur des stores, des parasols, des rideaux ... (souvent de grands formats), faisant jouer la polychromie, les coutures, la complexité de la découpe.
Pour Viallat, la couleur est un gisement inépuisable d'émotions qu'il cherche à partager avec le spectateur. « En ce qui concerne la couleur, tout est très simple, j'étale ma toile au sol, et je prends la première couleur qui me vient sous la main. » Ce qui l'intéresse c'est comment la couleur se comporte sur la toile.
Viallat a créé un système. Ce système est basé sur la répétition d'une forme (parfois appelé "module") dupliquée à l'aide d'un pochoir. Les formes se succèdent et sont disposés très souvent à intervalles réguliers, pour remplir toute la surface de la toile.
Sérigraphie en vente à la médiathèque Benjamin-Rabier :
→ En savoir plus
Michel Vanden Eeckhoudt
Né en 1947 à Bruxelles.
Michel Vanden Eeckhoudt a une connaissance parfaite de son métier de photographe, c'est un magicien du noir et blanc et de l'argentique.
Il tire lui-même les épreuves, saisies sur le vif.
On y trouve toujours un étonnant mélange de poésie et d'humour, de beauté et d'angoisse. Qu'il photographie des animaux, des hommes, des scènes de vie, il parvient toujours à nous surprendre en voyant ce que personne avant lui n'avait remarqué.
Parlons de son humour ; c'est une manière pour lui de traverser la vie, de prendre du champ, d'aider les autres à supporter la bêtise du monde. L'univers que nous dévoile Michel Vanden Eeckhoudt n'est pas gai. Il aborde des sujets qui ne prêtent pas à rire : les gestes du travail, les territoires frontaliers, l'immigration.
Son travail est visible dans un ouvrage* de la collection Photo Poche, Actes Sud. N° 110.
* Michel Vanden Eeckhoudt, photographies - introduction de Francine Deroudille - Éditions Actes Sud, 2007
→ Médiathèque Benjamin-Rabier - Département Art et cinéma - 779 VAN
Caroline Pottier
Née en 1974 à Neuilly sur Seine.
Vit et travaille aux Sables d'Olonne.
Caroline Pottier fait des études d'arts plastiques avant sa formation au CREAR.
Elle rejoint le Bar Floréal en 2003 : « Le bar Floréal est pour moi une aventure photographique et humaine. (...) Des pratiques photographiques aussi différentes que les individus qui composent le bar avec pourtant une même "conscience collective" ... J'ai découvert que la photographie dépassait la simple expression artistique et qu'elle pouvait être utile. »
Elle part avec une association humanitaire au Sénégal faire des photos, découvre ce pays et son extrême pauvreté. Le musée de la Roche-sur-Yon a montré ce travail en 2006.
Avec d'autres photographes du bar Floréal elle participe à une exposition sur Haïti.
Le bar Floréal est une association regroupant 12 photographes basé dans le 20ème arrondissement à Paris.
Site officiel de l'artiste :
http://pagesperso-orange.fr/carolinepottier/
Claude Pauquet
Photographie, tirage jet d'encre prise de vue argentique
Né en1954.
Vit et travaille dans le poitou.
Après avoir longtemps photographié les thèmes de la musique, de la fête ou du reportage de rue, il développe maintenant des projets au long cours poursuivant une recherche sur l'identité du paysage, sa transformation et l'observation du territoire social.
Il collabore également avec la presse.
La médiathèque possède un de ses ouvrages Au bout des certains*. L'œuvre de l'artothèque est présente dans ce livre. De 2002 à 2006, l'artiste réalise une série de voyages sur le littoral atlantique, et de la Manche. Les images ont été prises en suivant les côtes au plus près. Avec la rigueur d'explorer toujours une même ligne de frontière entre rivages et océan.
« Claude Pauquet cherche à saisir la manière dont l'homme a investi cette lisière, l'a marquée de sa présence ; la manière dont il l'habite et dont il entend laisser trace... » ajoute Dominique Moncond'huy.
Les photographies de Claude Pauquet laissent percevoir qu'elles n'ont jamais été réalisées dans l'urgence d'un "instant décisif", mais fondées sur la nécessité de garder trace d'un moment.
« La photographie de Claude Pauquet se fonde sur deux éléments centraux : la couleur et la temporalité. » précise Christian Caujolle.
→ Médiathèque Benjamin-Rabier - Département Art et cinéma - 779 PAU
Yveline Loiseur
Photographie argentique sur papier Lambola contrecollé sur aluminium
Née en 1965 à Cherbourg.
Vit et travaille à Lyon.
Yveline Loiseur est diplômée de l'école nationale de la photographie d'Arles en 1990.
Son travail explore les rapports entre l'individuel et le collectif à travers une grande diversité d'expressions plastiques (photographie, design, cinéma d'animation, livres d'artiste). Elle construit patiemment une topographie du quotidien avec présence de corps en suspens. Elle engage un travail à partir de l'observation de ses proches, mais en traquant dans le quotidien des moments d'une réelle magie. Le travail d'Yveline Loiseur est composé de séries.
« Je recueille des postures, des qualités de lumière, les vêtements, des attitudes des corps dans un carnet. Je dessine l'image et je prévois une séance de prise de vue. » ajoute-t'elle.
Michel Poivert précise « Ces images nous rappellent la distinction essentielle qu'établit le philosophe Walter Benjamin entre les enfants et les adultes : ces derniers ont perdu un rapport magique au monde qui fonde l'univers enfantin. (...) Les corps sont travaillés dans les couleurs et les lumières, dans la pose parfois exigée ou au contraire surprise dans les attitudes naturelles. Il s'agit ainsi d'un théâtre onirique que chaque spectateur peut s'approprier. »
Site officiel de l'artiste :
http://yveline.loiseur.free.fr/
Dominique Lacoudre
L'heure de la girafe, 2008
Lithographie sur priplak
Sans titre, 2006
Sérigraphie
Né en 1966 à Périgueux.
Vit et travaille à Nantes.
Diplômé de l'école nationale régionale des beaux-arts de Nantes en 1990.
« Avec mon travail, je raconte des histoires, montre des situations, qui prennent comme point de départ le quotidien et ses différentes réalités. Je n'invente pas de formes, je les récolte.
Pour développer mon vocabulaire, je répertorie régulièrement des formes, des signes.
Mes réalisations doivent être considérées comme des images où sont mis en scène des repères.
Je choisis toujours des moyens simples pour donner rapidement forme à mes idées. Mes pièces ne sont pas des affirmations de valeurs, mais elles soulignent la fragilité des rapports qui maintiennent la cohésion de nos environnements (physique, mental, politique, économique...), en posant toujours la même question de positionnement :
- Comment être à la fois lucide et pragmatique ?
Ce travail autour de signes/repères me paraît important dans un monde en cours de globalisation comme un outil de vigilance contre la standardisation de nos héros, mythes et besoins. »
Propos de Dominique Lacoudre
Sérigraphie en vente à la médiathèque Benjamin-Rabier :
→ En savoir plus
Chimène Denneulin
Photographie, tirage jet d'encre contrecollée sur dibond
Née en 1969.
Vit et travaille à Nantes.
Elle a étudié les arts plastiques à Valence.
L'artiste s'intéresse au portrait photographique même quand celui-ci dépasse la seule représentation humaine pour offrir le portrait d'une ville, d'un paysage, d'une architecture.
Elle est habitée de passions multiples : l'Afrique d'abord où elle puise ses rêves et ses origines ; les artistes, musiciens et plasticiens dont elle capte le quotidien et le travail in-situ ; les territoires péri-urbains et leurs populations.
Pour cette jeune photographe, l'art semble offrir une alternative au chaos du monde.
Dans ses photographies, elle affirme une certaine abstraction, des cadrages frontaux, des couleurs réalistes et surtout le recours systématique au grand format. Elle explore également les techniques nouvelles d'impression et les supports actuels : toile, adhésif, bâche, tissu.
En savoir plus :
→ Chimène Denneulin présente son exposition "Hann-Maristes" : vidéo
→ galerie d'images "Chez Fatou"
Benoite Chéné
Diptyque, 2005-2008
Pastel encollé et marqueur noir
Benoite Chéné
Née en 1976 à La Roche-sur-yon.
Vit et travaille à Nantes.
Elle débute son travail de création en 2004. 1ère exposition à la Maison de l'avocat à Nantes en octobre 2007.
« " J'ai besoin du dessin en tant qu'action, de rapport de force, d'épuisement. C'est physique ".
Il y a entre Benoîte Chéné et le dessin une relation étrange, une extension, un corps à corps. C'est une lutte entre le corps de l'artiste et le corps du papier, comme un transfert de force, de tension. "Ce n'est pas un plaisir", c'est un état. Le papier est comme un buvard qui aspire, c'est un format sur lequel, dans lequel s'imprime, se trace, s'incarne quelque chose de cette relation. C'est comme un nouveau corps qui se crée, pas la figure d'un corps, pas l'impression d'un corps, mais une sorte de clone, une étape embryonnaire, un langage primordial...
Le dessin se fait combat : il y a des règles qui se mettent en place, des codes qui s'imposent, des coups, des actions, un corps à corps. Benoîte Chéné développe une pratique du dessin quasi obsessionnelle : les gestes se répètent, se déplacent lentement et les formes qui naissent de cela attestent de ce mouvement, de cette maturation. Etape après étape, le vocabulaire évolue, la syntaxe bouge, le dessin s'invente de nouveaux territoires. Les formes, les traits, les points, les trous, les pliages. Chaque action rejoue à l'infini son propre jeu. La répétition devient incantatoire, jusqu'à son propre épuisement. Il faut épuiser le geste, le répéter jusqu'à le rendre stérile et réussir à s'en débarrasser. "Souvent, je reprends les dessins que j'ai faits avant, je les fais avancer, je les retravaille, les perce,... Quand j'ai commencé à dessiner, il y avait deux formes qui se confrontaient, deux formes qui s'opposaient, J'avais besoin de provoquer un combat et d'en regarder le résultat, mais je me tenais à distance..... Avec les points, je suis dans un corps à corps avec moi-même, avec le dessin qui était là avant".
Benoîte Chéné n'est pas dans un rapport neutre ni "correcte" avec le dessin, bien au contraire : « C' est avant tout un état psychique qui a besoin d'action. La trace comme témoin de l'action. Besoin de figer cette action, et de pouvoir la voir ". On est loin de la pratique classique qui voit dans le dessin l'esquisse de la pensée, la première étape entre l'idée et la matérialisation d'une oeuvre. Benoîte Chéné est plus proche de l'art de la performance, où quelque chose se joue avec le corps. Elle est plus proche d'un art déraisonnable qui ne refoule pas tout ce que beaucoup cherchent à évacuer du champ artistique : ce flux saturnien, ces démarches ritualisées ou obsessionnelles, cette violence insaisissable, l'expérience de soi.
"La nécessité de ma pratique ce n'est pas de parler de mon histoire personnelle, mais de me construire un territoire intime solide et concret. Intime signifie ici pour moi : échapper à l'autre."
On pourrait, en regardant ses dessins, s'arrêter à une lecture purement formelle, car ils ont une qualité plastique indéniable. Elle a une maîtrise de la forme, du rythme, une écriture graphique formidable, un sens du format, une façon de travailler le papier, comme si elle le sculptait. On pourrait. Mais on passerait à côté de l'enjeu.
"J'ai percé mes dessins pour avoir de l'air."
"Quand j'ai commencé à dessiner, je ne pouvais pas regarder les choses qui m'entouraient je ne les voyais pas, je m'endormais. J'avais besoin de changer ce rapport au visible. Voir se faire devant moi quelque chose pour qu'elle devienne visible. J'avais besoin de voir les choses se dessiner pour y croire." »
Le dessin comme action - Texte de Christophe Cesbron












