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Folle Journée

 

Les étés de Frédéric Chopin à Nohant

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Les étés de Frédéric Chopin à NohantOn connaît la liaison que Chopin et Sand ont entretenu pendant une dizaine d’années et cette relation entre deux grands artistes profondément romantiques a forgé la légende d’un couple dont les membres se sont mutuellement influencés. Pourtant, en parcourant le livre de Jean-Yves Patte, Les étés de Frédéric Chopin à Nohant, on découvre que, si le jeune compositeur était plutôt insensible à la littérature de sa compagne, l’univers tranquille et protégé de Nohant lui apportait beaucoup. C’est dans cette "retraite" éloignée de la vie parisienne et de ses artifices que Chopin composa nombre de ses chefs-d’œuvre. Ce livre agrémenté de multiples photos de la maison et de l’environnement, retrace le parcours de création qui lia Chopin à Nohant. Au fil des chapitres racontant chacun un des étés et de la correspondance ici restituée, on partage un peu de la vie du pianiste, aux prises avec ses questionnements sur l’écriture musicale, ses angoisses au sujet de la maladie… On découvre aussi Chopin dans l’œil de ses contemporains dont de nombreuses citations agrémentent le texte. Liszt notamment qui rédigera même après la mort du Polonais une sorte de manifeste, éloge de son œuvre musicale. Et puis tous les autres amis qui parfois passent dans le Berry et que l’on retrouve au creux de ces pages en forme de carnet, parmi lesquels Delacroix, le très proche. L’ouvrage s’accompagne de 4 CD reprenant l’ensemble des compositions réalisées ou terminées par Chopin à Nohant. Là encore, la présentation est chronologique et l’on retrouve pour chaque été les morceaux du pianiste.

Un beau livre qui donne l’impression de rentrer dans l’intimité d’un grand créateur.

→ Retrouvez notre dossier Chopin, l'âme romantique

 
 

Chopin, une bande dessinée et 2 CD

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Chopin de Wozniak et Guigue« La musique de Chopin est intime, nostalgique et d'une indicible poésie. » Les mots de François Hudry, auteur de la partie biographique, reflètent avec justesse l'impression que laissent ce livre dessiné et les enregistrements joints. Si les disques ne présentent pas d'interprétations récentes, ils ont le méritent de proposer les versions de "Chopiniens" convaincus et mondialement reconnus. On écoutera ainsi Artur Rubinstein ou même Rachmaninoff en personne. Le panel assez varié choisi pour les CD donne envie de se plonger dans le reste de l'œuvre.

Quant à la partie dessinée, Wosniak crée librement des images sorties d'un rêve aux couleurs chatoyantes. C'est une variation en peinture autour de la vie de Chopin. Une succession de tableaux expressionnistes et des mots simples qui fixent par petites touches des aspects de la vie du pianiste. L'objet n'est pas de retracer une vie entière en quelques vignettes mais bien de faire passer une émotion qui caractérise le compositeur. La nostalgie du pays et une certaine mélancolie ressortent ici clairement ; Wosniak, lui-même exilé polonais (il affirme d'ailleurs clairement ce point commun dans le paragraphe d'introduction du livre), trouve ici un ton d'une incroyable justesse pour décrire ces deux sentiments.

Une réussite graphique autant que narrative.

→ Retrouvez notre dossier Chopin, l'âme romantique

 

 
 

Chopin, journal intime

  • Chopin : journal intime
  • Auteur : Alexandre Tharaud
  • Editeur : Virgin
  • Publié : 2009
  • Type de document : CD
  • Cote : 3.11.11 CHO
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Chopin, journal intime d'Alexandre TharaudUne sélection de pièces du compositeur polonais interprétée avec émotion par le pianiste virtuose Alexandre Tharaud. Celui qui a l'an dernier consacré un album à Satie revient aujourd'hui sur un répertoire qui a « marqué et accompagné les étapes de sa vie ». C'est donc à la fois un récital et un journal intime qu'il nous est donné de découvrir. Dans l'interview qu'il donne pour le livret du disque, Tharaud met en lien ses souvenirs et les morceaux qu'il a choisi pour l'enregistrement. Une façon de montrer que la sensibilité d'une musique écrite il y a un siècle et demi accompagne sans anachronisme le parcours d'un homme d'aujourd'hui. Un sentiment dans lequel on peut se reconnaître nombreux.

→ Retrouvez notre dossier Chopin, l'âme romantique

 
 

Quizz : questions pour un Chopin

Questions pour un Chopin
Gagnez des places en participant au quizz !
 
1 - La Mazurka est une danse :
A -
B -
C -
D -
en 2 temps
en 3 temps
en 4 temps
en 5 temps


2 - Frédéric Chopin a passé de nombreux étés chez George Sand à :
A -
B -
C -
D -

Nohant
Royan
Chateaubriant
La Roche-sur-Yon

  
3- Lequel de ces compositeurs italiens n'a pas pu rencontrer Chopin ?
A -
B -
C -
D -

Rossini
Puccini
Bellini
Verdi
  
4- Parmi ces différents genres musicaux, lequel Chopin n'a-t-il jamais composé ?
A -
B -
C -
D -

Ballade
Valse
Tango
Fantaisie
  
5- Chopin est originaire de :
A -
B -
C -
D -
Varsovie
Cracovie
Mazovie
Gergovie
  
 

Règlement

Jusqu'au 20 janvier, minuit, répondez aux questions, déposez le bulletin dans une des 2 urnes situées dans le hall du conservatoire ou à la bibliothèque ou en ligne ci-dessous (sans oublier vos coordonnées) et vous gagnerez peut-être 2 places pour un des deux concerts suivants :

→ Quatuor Modigliani - dimanche 24 janvier 2010 à 16h45 au Théâtre
→ Orchestre philharmonique de l'Oural -
dimanche 24 janvier 2010 à 13h30 au Manège

Les places seront à récupérer à partir du Jeudi 21 janvier 13h30 jusqu'au vendredi 17h à la bibliothèque du Conservatoire.

Pour plus d'informations, contacter la bibliothèque au 02-51-47-46-24 ou à l'adresse suivante : grelierd@ville-larochesuryon.fr

Cliquez ici pour répondre en ligne
 
 

Le bel canto italien

Le bel canto italien

L'expression "Bel canto" désigne toute forme de beau chant, mais on l'applique le plus souvent au chant italien orné et plein de vocalises. Cette conception du chant est à l'origine associée aux œuvres lyriques italiennes de la période baroque (entre le XVIe et le XVIIIe siècle). C'est l'art des castrats et des primas donnas (cantatrices de premier plan). On parle aussi de bel canto instrumental ou cantabilita pianistique, chez Chopin ou Liszt.

Rossini est aujourd'hui considéré comme le dernier grand représentant du bel canto. Contemporain de Chopin et comme lui parisien d'adoption – il devient directeur du théâtre-italien en 1824 -, il est l'auteur de nombreux grands opéras : Le barbier de Séville, La Gazza ladra, Guillaume Tell qu'il compose pour l'Opéra de Paris. Passé 1830, il n'écrit plus d'opéras et se consacre à l'art de la mélodie autant qu'à la cuisine. L'homme est en effet un bon vivant reconnu dans le milieu parisien de l'époque.

 Gioacchino Rossini photographié par Nadar

 Vincenzo Bellini

Vincenzo Bellini, avec qui Chopin entretiendra une réelle amitié jusqu'à la mort du premier en 1835, est un autre maître du bel canto italien. Son opéra majeur, I Puritani est resté une œuvre consacrée de l'art lyrique italien. Malheureusement, quelques semaines après la représentation triomphale des Puritains à Paris, Bellini meurt, foudroyé par une infection intestinale. La musique de Bellini représente l'école italienne dans sa musicalité la plus glorieuse. Sous sa plume, les mots, le rythme, la mélodie, l'harmonie et l'accompagnement instrumental s'unissent dans une perfection mutuelle. C'est aussi, dans les sujets que les livrets abordent, une certaine apogée du romantisme et du mélodrame. Dans Il Pirata, par exemple, l'héroïne perd la raison lorsque son amant est condamné à mort pour avoir tué son mari qu'elle n'aimait pas.

Les mélodies

Les Mélodies, recueil de partitions

Malgré la demande pressante que lui faisaient les poètes polonais de son époque, Chopin n'a jamais écrit d'opéras. Néanmoins, passionné qu'il était par le chant lyrique italien, il n'a eu de cesse d'utiliser les attributs du bel canto dans sa musique instrumentale. On lui doit également 19 mélodies. Le compositeur polonais ne prétend pas rivaliser avec les spécialistes du genre mais apporte une contribution à la musique vocale à son image, où s'exprime la nostalgie de la patrie lointaine sur une musique empreinte des principales danses paysannes.

Chants polonais pour voix et piano - les 19 mélodies, op. 74 posthume de Frédéric ChopinChants polonais pour voix et piano
les 19 mélodies, op.74 posthume
composé par Frédéric Chopin
Ewa Podles, Mezzo soprano
Abdel Rahman El Bacha, piano

Éditions M10, P. 1998

Contient : L'anneau - Le beau garçon - Il n'y a rien ici de ce que je désire - Réjouissances - Chanson lithuanienne - Le vœu - Double destin - Doumka - Les feuilles tombent - Le fiancé - Le guerrier - Ce qu'elle aime - Mélodie - La messagère - Ma chérie - Printemps - Triste rivière - Magie - Loin de mes yeux

→ Médiathèque Benjamin-Rabier - Département Musique & Danse - 3. CHO 11.11

 
 

Monsieur Chopin, professeur

Monsieur Chopin, professeur

Chopin a consacré une grande partie de sa carrière parisienne à l'enseignement. Loin de constituer une activité par défaut, son métier d'enseignant tenait d'une authentique vocation de pédagogue. Pour lui, la technique n'était qu'un moyen : moyen de s'exprimer musicalement et moyen d'arriver à la perfection de la matière sonore. Son enseignement était basé sur des points qu'il jugeait essentiels : le travail de la « sensorialité tactile et auditive », la recherche permanente de la souplesse du poignet et de la main, l'art du doigter et du toucher, adaptés notamment à la morphologie de la main. De là sa prédilection pour les tonalités chargées de touches noires. Celles-ci assuraient mieux la position naturelle de la main.

Les études

Les Études, recueil de partitions

Chopin en a composé 27. Chacune est écrite dans un but précis et traite d'une ou plusieurs difficultés techniques. Pleines de sonorités splendides, elles démontrent une réelle poésie et rendent presque impropre leur dénomination d'études.

Les 12 premières furent composées alors qu'il n'avait pas 20 ans, ce qui témoigne de ses exceptionnelles capacités techniques. Berlioz y trouvait des combinaisons harmoniques d'une étonnante profondeur.

Etudes de Frédéric Chopin par Nicolas LuganskyÉtudes
composé par Frédéric Chopin
Nicolas Lugansky, piano
Éditions Erato, P. 2000

Contient : Etudes, op.10, n.1 à 12 - Etudes, op.25, n.1 à 12 - 3 nouvelles études

→ Médiathèque Benjamin-Rabier - Département Musique & Danse - 3. CHO 11.11

 
 

La vie parisienne

La vie parisienne

Le Théâtre italien de Paris, 1843

Quand Chopin rejoint Paris peu après la révolution de 1830 qui amènera Louis-Philippe au pouvoir, la capitale française est célèbre en Europe pour sa population très cosmopolite et surtout son attachement à la cause des arts. Des institutions prestigieuses soutiennent alors la création, parmi lesquelles le conservatoire qui permet d'accéder éventuellement au Prix de Rome et ainsi l'assurance d'une carrière réussie. Mais également le Théâtre-italien et tant d'autres lieux de représentation ; et puis de l'avis de tous, Paris regorge des meilleurs musiciens d'orchestre du vieux continent. Bref, en plein romantisme, Paris c'est "the place to be" et l'afflux de musiciens et d'artistes étrangers ne connaît pas d'interruption dans cette première moitié du 19e siècle.

 

Chopin en fait partie, d'autant plus que lui participe de la vague d'exilés politiques polonais qui déferle après l'insurrection de Varsovie réprimée par les Russes. Il navigue ainsi dans ce Paris mondain des cafés et des salons où, pour briller, deux qualités sont nécessaires : savoir courtiser et surprendre. « Je me trouve introduit dans le grand monde [...] et c'est, dit-on, pour moi, chose indispensable que d'y paraître car c'est de là, affirme-t-on, que vient le bon goût. Tu es tout aussitôt en possession d'un grand talent si tu as été entendu à l'ambassade d'Angleterre ou à celle d'Autriche. Tu joues mieux si la princesse de Vaudémont [...] t'a protégé. »

Le salon de Marie d'AgoultC'est dans le salon de Marie d'Agoult, future compagne de Franz Liszt que l'on trouve l'essentiel du Paris artistique. On y joue des mélodies de Schubert ou Berlioz sous l'œil attentif de grands noms de l'aristocratie étrangère. On y croise aussi Alfred de Vigny, Rossini ou encore Eugene Sue. Chopin est à son aise dans cette société et l'exilé dont la « vraie patrie est le royaume de la poésie » selon les mots de Heinrich Heine, ne tarde pas à se faire des amis tant que des admirateurs. S'il n'apprécie guère leur musique, il est un compagnon attachant pour Mendelssohn, Berlioz ou Liszt. Ce dernier se verra ainsi dédier l'opus 10 des études et Chopin dira de son interprétation : « je voudrais lui voler la manière de rendre mes propres études. »

Son environnement ne compte pas que des musiciens. Ce romantique affiché goûte la compagnie des poètes et des peintres. En dehors de sa relation avec Sand, il admire ainsi Alfred de Vigny qu'il rencontre régulièrement et devient un ami fidèle de Delacroix. Ce dernier fait partie des quelques uns invités à Nohant et restera toujours très proche du polonais.

Les nocturnes

Les Nocturnes, recueil de partitions

Dans ces concerts privés que Chopin affectionnait bien plus que les grands récitals, on imagine aisément qu'il devait jouer quelques uns de ses nocturnes, d'un genre à l'origine destiné à accompagner les fêtes. Inspiré par la nuit, il s'agissait au 18e siècle d'une œuvre en plusieurs mouvements, écrite pour un ensemble restreint. Proche du divertissement ou de la sérénade, on le jouait le plus souvent en plein air. Eine Kleine Nachtmusik, la pièce de Mozart en est un exemple.

À l'époque du romantisme, le nocturne devient une pièce courte pour piano, très mélodique et mélancolique. Chopin réalise sans doute les nocturnes restés les plus célèbres de cette période. La ligne mélodique, expressive ou méditative s'étend dans le style du bel canto italien que le compositeur polonais aimait particulièrement. Chopin retranscrit au piano le langage des chanteurs lyriques de l'époque. Sa personnalité s'affirme aussi dans ces pièces où l'on distingue une grande douleur. Un de ses élèves dit des nocturnes « qu'ils vous plongent dans l'immensité, une puissance de sentiments à faire éclater la fibre humaine. »

Les 21 nocturnes de Frédéric Chopin par Aldo CiccoliniLes 21 nocturnes
composé par Frédéric Chopin
Aldo Ciccolini, piano

Éditions Cascavelle, 2003

→ Bibliothèque du Conservatoire de Musique, Danse et Théâtre - 3. CHO 11.11

With passion de Maria Joao PiresWith passion
Maria Joao Pires, piano

Éditions Deutsche Grammophon, 2007

→ Bibliothèque du Conservatoire de Musique, Danse et Théâtre - 311 PIR

 
 

Un amant tourmenté

Un amant tourmenté

Ce qui fait la grande célébrité de Chopin, c'est aussi le caractère romantique que l'histoire lui prête. Si on ne peut réduire le compositeur à un grand amoureux transit et tourmenté, il reste qu'il fut l'amant de dix ans de George Sand, prêtresse du romantisme français.

Portrait de George Sand par Jean GigouxLeur liaison commence sans doute en 1838, à la suite de rencontres régulières dans différents salons parisiens. D'abord assez agacé par cette femme aux attitudes peu conventionnelles pour l'époque, Chopin apprécie de plus en plus la compagnie de Sand. Ils partent ensemble à l'hiver 1838 à Majorque où ils vont séjourner le temps de la mauvaise saison. Ce séjour s'avère catastrophique et ils rentrent en France dès le début du printemps. Les deux amants passent leur premier été à Nohant dans la résidence de Sand. La romancière, revenant sur son passé dresse le portrait d'un homme complexe : « Chopin était modeste par principe et doux par habitude, mais il était impérieux par instinct et plein d'un orgueil légitime qui s'ignorait lui-même », parfois inconstant : « son âme tour à tour généreuse et fantasque se donnait carrière, passant toujours de l'engouement à l'aversion, et réciproquement » mais néanmoins très attentionné : « il était avec moi le dévouement, la prévenance, la grâce, l'obligeance et la déférence en personne ».

Maison de George Sand à NohantSe succèdent ainsi pendant dix ans les hivers à Paris, au cœur d'un bouillonnement artistique auquel ils contribuent tous les deux et les étés en province, dans le calme (et parfois l'ennui...) de Nohant. Leur séparation intervient en 1848. Chopin, rongé par la maladie et l'angoisse devient odieux avec les enfants de sa compagne ; celle-ci privilégie alors son rôle de mère et rejette l'amant. Selon Sand elle-même, leur affection mutuelle ne disparaît pourtant pas définitivement. Ainsi elle confie sur les moments qui suivirent la mort de Chopin : « on m'a dit qu'il m'avait appelée, regrettée, aimée filialement jusqu'à la fin. On a cru devoir me le cacher jusque-là. On a cru devoir lui cacher aussi que j'étais prête à courir vers lui. »

Sand ne fut pas à proprement parler une muse pour Chopin. Néanmoins elle fut le témoin privilégié de nombre de ses créations. C'est le cas des préludes achevés à Valldemosa lors de leur séjour espagnol « les plus belles de ces courtes pages qu'il intitulait modestement préludes ».

Les étés de Frédéric Chopin à NohantLes étés de Frédéric Chopin à Nohant
de Jean-Yves Patte
Yves Henry, piano
Éditions du Patrimoine, 2009

→ Bibliothèque du Conservatoire de Musique, Danse et Théâtre - 780.9 CHO

On connaît la liaison que Chopin et Sand ont entretenu pendant une dizaine d'années et cette relation entre deux grands artistes profondément romantiques a forgé la légende d'un couple dont les membres se sont mutuellement influencés. Pourtant, en parcourant le livre de Jean-Yves Patte Les étés de Frédéric Chopin à Nohant, on découvre que, si le jeune compositeur était plutôt insensible à la littérature de sa compagne, l'univers tranquille et protégé de Nohant lui apportait beaucoup. C'est dans cette "retraite" éloignée de la vie parisienne et de ses artifices que Chopin composa nombre de ses chefs d'œuvres. Ce livre agrémenté de multiples photos de la maison et de l'environnement, retrace le parcours de création qui lia Chopin à Nohant. Au fil des chapitres racontant chacun un des étés et de la correspondance ici restituée, on partage un peu de la vie du pianiste, aux prises avec ses questionnements sur l'écriture musicale, ses angoisses au sujet de la maladie... On découvre aussi Chopin dans l'œil de ses contemporains dont de nombreuses citations agrémentent le texte. Liszt notamment qui rédigera même après la mort du Polonais une sorte de manifeste, éloge de son œuvre musicale. Et puis tous les autres amis qui parfois passent dans le Berry et que l'on retrouve au creux de ces pages en forme de carnet, parmi lesquels Delacroix, le très proche.
L'ouvrage s'accompagne de 4 CD reprenant l'ensemble des compositions réalisées ou terminées par Chopin à Nohant. Là encore, la présentation est chronologique et l'on retrouve pour chaque été les morceaux du pianiste.
Un beau livre qui donne l'impression de rentrer dans l'intimité d'un grand créateur.

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Les préludes

Les Préludes, recueil de partitions

Le prélude est au siècle précédent un genre musical de forme libre et de caractère improvisé qui introduisait une fugue ou une suite de danses. Chopin garde l'idée d'un morceau sans structure définie. Par contre, son prélude est une pièce indépendante. C'est une œuvre assez courte sans programme établi, de la musique à l'état pur, qui échappe à toute classification. Pleins d'allusions, de souvenirs ou de réminiscences, ces 24 préludes expriment la pensée intime de l'auteur, ses états d'âme ou ses aspirations. Pour Liszt, ils sont « admirables par leur diversité, le travail et le savoir qui s'y trouvent... Ils ont la libre et grande allure qui caractérise les œuvres de génie. »

24 préludes de Chopin par Martha Argerich24 Préludes, op.28
composé par Frédéric Chopin
Martha Argerich, piano
Deutsche Grammophon, P. 1961, 1977

Contient : Prélude, do d.min., op.45 - Prélude, La b.Maj., op.posthume - Barcarolle, fa d.maj, op.60 - Polonaise, La b.Maj., n.6, op.53 - Scherzo, si b.min., n.2, op.31

→ Médiathèque Benjamin-Rabier - Département Musique & Danse - 3. CHO 11.11

 
 

Un Polonais en exil

Un Polonais en exil
La bataille d'Ostroleka 1831 - Peinture de Juliusz KossakOriginaire de Lorraine, le futur père du compositeur arrive en Pologne deux ans avant la Révolution Française. Marchand de tabac puis engagé dans la garde nationale polonaise contre les Russes et enfin professeur de français, Nicolas Chopin est devenu un citoyen polonais à part entière, quand en 1810, dans une Europe dominée par Napoléon 1er, sa femme donne naissance à un fils : Fryderyk Franciszek.

Le jeune musicien prodige grandit à Varsovie, partageant son temps entre études musicales et concerts dans les cercles mondains où la bonne société admire son talent prometteur. Sa renommée lui vaut même de jouer devant le frère du tsar. Un passage au conservatoire et à l'université, le voilà prêt pour l'aventure européenne, car si la gloire locale le rend heureux, elle ne lui suffit pas. Ainsi, alors que son pays s'apprête à vivre une révolution réprimée dans le sang par l'armée russe, Chopin part pour Vienne puis Paris.

Chopin
une bande dessinée et 2 CD

illustré par Wozniak - mis en scène par Marjorie Guigue - postfacé par François Hudry
Éditions BD Music, 2009

→ Bibliothèque du Conservatoire de Musique, Danse et Théâtre - 780.9 CHO

Chopin, une bande dessinée et 2 CD« La musique de Chopin est intime, nostalgique et d'une indicible poésie. » Les mots de François Hudry, auteur de la partie biographique, reflètent avec justesse l'impression que laissent ce livre dessiné et les enregistrements joints. Si les disques ne présentent pas d'interprétations récentes, ils ont le méritent de proposer les versions de "Chopiniens" convaincus et mondialement reconnus. On écoutera ainsi Artur Rubinstein ou même Rachmaninoff en personne. Le panel assez varié choisi pour les CD donne envie de se plonger dans le reste de l'œuvre.

Quant à la partie dessinée, Wosniak crée librement des images sorties d'un rêve aux couleurs chatoyantes. C'est une variation en peinture autour de la vie de Chopin. Une succession de tableaux expressionnistes et des mots simples qui fixent par petites touches des aspects de la vie du pianiste. L'objet n'est pas de retracer une vie entière en quelques vignettes mais bien de faire passer une émotion qui caractérise le compositeur. La nostalgie du pays et une certaine mélancolie ressortent ici clairement ; Wosniak, lui-même exilé polonais (il affirme d'ailleurs clairement ce point commun dans le paragraphe d'introduction du livre), trouve ici un ton d'une incroyable justesse pour décrire ces deux sentiments.

Une réussite graphique autant que narrative.

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Ce départ est un adieu même s'il l'ignore encore. Il ne reverra jamais son pays natal et n'aura de cesse de le reconstruire au cœur de son œuvre. Plus les événements tournent au tragique à Varsovie, plus il se reconnaît fervent patriote et nationaliste. Son déchirement est d'autant plus important qu'il s'en veut sans doute un peu de ne pas participer au soulèvement populaire. Attaché à ses origines, il fantasme aussi beaucoup l'histoire de son pays, bercé par l'image de héros nationaux qu'il admire depuis son enfance. Cette Pologne "mythique", Chopin la fait revivre dans ses compositions et notamment dans les Mazurkas qu'il écrira tout au long de sa vie.

Les Mazurkas

Les Mazurkas, recueil de partitions

Cette danse populaire polonaise est originaire de la région de Mazovie. Déjà connue au XVIe siècle, elle se répand d'abord au XVIIe et XIXe en Europe où elle connaît une grande vogue. Chopin en écrit donc de très célèbres qu'il destine uniquement au concert et non à l'accompagnement des danses. Il en conserve le rythme ternaire, mais selon Liszt, « en a ennobli la mélodie, agrandi les proportions ». L'harmonie y est souvent audacieuse et les rythmes très variés.

Wilhelm Von Lenz : « Les mazurkas sont le carnet de voyage de son âme [...] Il représentait la Pologne, sa patrie telle qu'il la rêvait, dans les salons parisiens sous Louis-Philippe ; Chopin a été l'unique pianiste politique. Il incarnait la Pologne, il mettait en musique la Pologne. »

Mazurkas de Frédéric Chopin par Arturo-Benedetti MichelangeliMazurkas
de Frédéric Chopin
Arturo-Benedetti Michelangeli, piano
Éditions Deutsche Grammophon, 1972

→ Bibliothèque du Conservatoire de Musique, Danse et Théâtre - 3. CHO 11.11

Mazurkas, valses et autres danses de Frédéric Chopin par Arthur SchoonderwoerdMazurkas, valses et autres danses
de Frédéric Chopin
Arthur Schoonderwoerd, piano
Éditions Alpha, 2003

Contient : Polonaise, do d.min., op.26 n.1 - Ecossaises, Ré, Sol, Ré b.Maj., op.72 n.3 - Valse, mi min., op.posth. - Tarentelle, La b.Maj., op.43 - Ländler et Trio, La b.Maj., op.posth. - Grande valse brillante, Fa Maj., op.34 n.3 - Polonaise, mi b.min., op.26 n.2 - Contredanse, Sol b.Maj. - Valse, Ré b.Maj., op.64 n.1 - Valse, do d.min., op.64 n.2 - Cantabile - Boléro, Do Maj.,op.19 - Grande valse brillante, la min., op.34 n.2 - 4 Mazurkas, op.6

→ Médiathèque Benjamin-Rabier - Département Musique & Danse - 3. CHO 11.11

 
 

Chopin et vous...

Chopin et vous...

Musiciens, mélomanes ou simples curieux, laissez-nous vos impressions sur Chopin...

Chopin, journal intime
d'Alexandre Tharaud
Éditions Virgin, 2009

→ Bibliothèque du Conservatoire de Musique, Danse et Théâtre - 3. CHO 11.11

Une sélection de pièces du compositeur polonais interprétée avec émotion par le pianiste virtuose Alexandre Tharaud. Celui qui a l'an dernier consacré un album à Satie revient aujourd'hui sur un répertoire qui a « marqué et accompagné les étapes de sa vie ». C'est donc à la fois un récital et un journal intime qu'il nous est donné de découvrir. Dans l'interview qu'il donne pour le livret du disque, Tharaud met en lien ses souvenirs et les morceaux qu'il a choisi pour l'enregistrement. Une façon de montrer que la sensibilité d'une musique écrite il y a un siècle et demi accompagne sans anachronisme le parcours d'un homme d'aujourd'hui. Un sentiment dans lequel on peut se reconnaître nombreux.

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le sommet du romantisme
« Chopin, c'est d'abord un passage obligé dans le parcours d'apprentissage de l'élève pianiste. C'est plein de difficultés techniques qui apprennent beaucoup. Avec les exercices de Brahms et les études de Rachmaninoff, les études de Chopin sont parmi les pièces les plus formatrices du répertoire. Sorti du côté pédagogique, Chopin, c'est aussi le sommet du romantisme, un épanouissement émotionnel très fort quand on le joue à l'adolescence, assez solitaire aussi et que l'on redécouvre au fil du temps. Jouer Chopin, ça fait appel à des sentiments très forts ; une musique cathartique, incontournable. »
Frédéric
enseignant et pianiste

une rêverie musicale

« En tant qu'élève, mon premier souvenir de Chopin, c'est une certaine souffrance, un travail épuisant, un rapport difficile à cette musique à la partition dense, très technique. Aborder Chopin par les études, c'était particulièrement dur. C'est comme prof, à travers le travail avec les élèves que j'ai redécouvert ce répertoire, avec les préludes notamment. Ces préludes, ce sont de vraies réussites d'écriture, des petits bijoux parfois très courts, mais où tout est dit. J'ai pu alors jouer Chopin plus décomplexée, libérée.

C'est une musique touchante, à la fois très écrite et qui semble parfois presque improvisée, comme une rêverie musicale. Parfois, c'est comme un musicien de jazz qui fixerait son improvisation. La limite, du coup, c'est de ne pas tomber dans le n'importe quoi quand on l'interprète. Aujourd'hui les pianistes rejouent Chopin de façon plus sobre, ce qui est plutôt pas mal.

Des versions à conseiller : les Études par Maurizio Pollini et les Mazurkas enregistrées par Jean-Marc Luisada. »

Dominique
enseignante et pianiste
une écriture très moderne

« Chopin, c'est tout mon apprentissage du piano. Mon professeur admirait les romantiques et Chopin particulièrement qui m'a suivi tout au long de mon parcours au conservatoire. Depuis, et cela fait plus de 40 ans, il y a toujours une partition de Chopin sur mon piano. C'est une écriture très moderne, ce qu'il y a de plus accompli à mon sens.

Mes préférences : La polonaise n°1 et La fantaisie impromptu, premier souvenir d'une pièce de Chopin jouée en concert.

J'aime beaucoup les versions de Duchable et de Rubinstein, si je devais conseiller des interprétations. »

Xavier
intervenant en milieu scolaire et pianiste